LIGNE



Soprano, électroacousticienne, écrivain : Annabelle Playe est une artiste « arc-en-ciel ». Elle apprivoise les émotions les plus fragiles de l’arc éphémère de l’existence, elle en ressent l’impalpable contour et ravit à la nuance des couleurs de sa langue. Puisque l’auteur, le compositeur et l’interprète incarnent une seule et même personne, « Ligne » est un acte de création pur. La voix, la musique et le texte mêlent leurs essences pour ne former qu’un seul et unique corps palpitant.

Une expérience rare et très originale

Pour Annabelle Playe, « la musique est la peau du texte, elle vient là où la parole s’épuise. Tel un élément organique, elle bat comme le cœur. Elle peut être nerveuse ou capable de délivrance ». Assailli de perceptions sensuelles, sensorielles et sensitives, le spectateur reçoit le présent de ses sens éveillés un à un. Annabelle Playe, seule en scène, livre son histoire. En équilibriste mouvante sur sa « Ligne », elle avance au cœur de sa mémoire de femme, délivrant sa pudeur, ses passions et ses déchirures. Au centre de cette réminiscence, un homme attend. Refusant son destin, cette femme franchit la « Ligne » et embrasse l’irréparable. Le chant tente alors d’exorciser l’indicible, les mots se bousculent pour essayer de soulager l’irrémédiable. L’atmosphère enlace, fiévreuse et contagieuse. Mais soudain, lorsque le metteur en scène (Ludovic Longelin) convoque l’humanité toute entière, le voyage intérieur se sertit de sérénité. L’histoire surgit : celles de toutes les femmes, celle d’un corps accouché de la terre et de ses forces immémoriales. Emue, Annabelle Playe dévoile : « je porte un manteau de vies. Celles qui sont, qui ont été et celles qui peuvent être. L’enjeu c’est d’avoir un corps assez vaste, assez solide pour contenir cela ». Expérience rare et originale, « Ligne » est une chance unique pour qui en accepte l’étreinte…

Carole EON-GROSLIER LA MONTAGNE CLERMONT-METROPOLE Mardi 7 février 2012

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